Nous pouvons être assez sûrs de qui est responsable du massacre survenu à l'« hôpital d'Abou Salim ». Bien sûr, nous ne pourrons jamais être certains à 100%, le problème étant causé par des gens actuellement hors de contrôle et sourds aux faibles plaidoyers pour le « respect des droits humains ». Ces plaidoyers sont exprimés par les deux parties, mais celle ici en cause semble les ignorer. Les Libyens en payent apparemment le prix. Source : « Uruknet.de ». Traduction de : « Michel collon ».


LA GUERRE CIVILE EN LIBYE : L'HOPITAL DE TRIPOLI TRANSFORMÉ EN « MORGUE DE MASSE ».


J'écris pour vous avertir de certaines choses que j'ai constatées à propos de la découverte sinistre et traumatisante faite récemment à l'« hôpital d'Abou Salim » à Tripoli. On a beaucoup écrit sur ce lieu depuis le 26 août 2011, avec ses salles abandonnées et peut-être des centaines de corps en décomposition. Mais je crains que les circonstances aient été mal comprises ; en effet, les journalistes ont tendance à quitter les lieux perplexes, sans avoir remarqué quelques-uns des indices les plus importants. J'ai compilé mes recherches sur les médias disponibles publiquement ici : « Les massacres de Tripoli. Le drame de l'+ hôpital d'Abou Salim + »...

Voici ci-dessous les indices les plus clairs relevés par un couple de journalistes qui les a remarqués, et que nous remercions : « L'hôpital de Tripoli transformé en + morgue de masse + » (Voir vidéo ci-dessus, en haut de l'article).

On ne sait pas comment les hommes, femmes et enfants sont morts. Les corps que nous avons vus étaient ceux de « loyalistes kadhafistes » qui ont été blessés dans la bataille. Une affiche de Mouammar Kadhafi présidait une salle pleine de sang, d'eau et des asticots.

Au moins deux hommes ont été abattus dans leur lit. Ils étaient au deuxième étage recouvert de couvertures. Comme les civières avaient été poussées plus loin, on pouvait voir où les balles avaient traversé les oreillers. Le sang sur le mur indiquait qu'il s'agissait d'une exécution. L'un des corps avait une carte militaire libyenne l'identifiant comme un membre des « forces spéciales ».

Personne ne peut dire si ce sont des « kadhafistes » ou des tireurs rebelles qui les ont exécutés. J'ai demandé à un médecin de me dire depuis combien de temps, à son avis, les deux hommes étaient morts. Il a estimé que le décès remontait à deux ou trois jours, puis a secoué la tête et a marché le long du couloir strié de sang.

Outre les patients, du personnel peut avoir été abattu. Cette photo (ci-dessous) par Youssef Boudlal devrait être présentée à un expert en médecine légale, mais je pense que cela montre les traces de 3 à 6 exécutions par balle dans ce tronçon de couloir :


Couloir entaché des traces de sang à l'« hôpital d'Abou Salim » de Tripoli.


Les « forces rebelles » ont déclaré que le personnel s'était tout simplement « enfui », mais j'ai l'impression qu'il a été exécuté pour que les « rebelles » puissent se servir des lieux comme d'une sorte de morgue. La couleur de peau des morts est un autre indice : tous ou presque ont la peau noire, selon les journalistes et les photographies. Une autre photo de François Mori montre qu'une des victimes au moins a été décapitée, apparemment dans ce lit (à droite du centre) :


Corps des victimes noires, dont une victime décapitée au centre droit de la photo à l'« hôpital d'Abou Salim » de tripoli.


Certains éléments au sein des « forces rebelles » sont connus pour avoir tué des hommes noirs en particulier et pour avoir coupé des têtes. Je ne peux pas voir là-dedans l'œuvre d'un régime en fuite, faisant tuer ses propres partisans par des snipers, procédant à des exécutions sommaires, ou chassant les médecins pour que les patients meurent faute de soins.

Que peut-on et que doit-on faire à propos des abus possibles commis par les forces du nouveau gouvernement ? Je ne sais pas. Pour ma part, je retroune à mes anciens blogs. J'espère que vous pourrez aider à déclencher l'alarme à propos de cette preuve qui suggère fortement de quoi les gens de Tripoli sont l'objet en l'absence de protection de l'ancien gouvernement.


NOTE :

L'auteur de cet article vient de l'envoyer à « Amnesty International », le 13 septembre 2011.

Mis à jour (Mercredi, 14 Septembre 2011 18:12)

 

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