La justice américaine a ordonné la fermeture du site « Megaupload.com », plateforme emblématique et controversée du téléchargement direct sur l'internet, accusé de violation des droits d'auteur, et la police néo-zélandaise a arrêté vendredi 20 janvier 2012 son fondateur. Quatre responsables du site basé à Hong Kong, dont le fondateur, alias Kim Dotcom, un Allemand de 37 ans également connu sous le nom de Kim Schmitz, ont été interpellés à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur la base de mandats d'arrêt délivrés par les Etats-Unis.



Internet dans le monde.


Le service de téléchargement direct a été fermé suite à une opération menée au plan international. « Megaupload.com » indique vouloir se battre juridiquement « jusqu'au bout ». Le « FBI (police fédérale américaine) » et le ministère de la Justice américain ont estimé, dans un communiqué commun, qu'il s'agissait de l'une des plus « grandes affaires de violation de droits d'auteur jamais traitées aux Etats-Unis ». L'annonce de la fermeture de « Megaupload.com » intervient en pleine polémique aux Etats-Unis sur des projets de loi antipiratage, qui ont poussé « Wikipédia » à fermer l'accès à ses services en anglais mercredi 18 janvier 2012 et « Google » à masquer son logo.


« MEGA CONSPIRACY »

Face à « Megaupload.com », le Département de la justice américain a choisi la manière forte pour agir, en lançant une procédure contre les fondateurs du site pour viol des lois sur les droits d'auteurs. Le Département explique dans un communiqué que le service, qu'il baptise « Mega Conspiracy », a entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et généré 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité.

Pour obtenir la fermeture du site, le « FBI » a lancé une vingtaine de mandats aux Etats-Unis et dans huit pays, saisi près de 50 millions de dollars d'actifs ainsi que 18 noms de domaine, et surtout visé les serveurs du site implantés aux quatre coins du globe afin de fermer le service.

Cette fermeture survient alors que deux projets de loi, « Sopa » et « Pipa », visant à renforcer la lutte contre le téléchargement illégal aux Etats-Unis met Internet en ébullition. Mercredi 18 janvier 2012 encore, la toile a protesté avec une action coup de poing : la puissante encyclopédie participative en ligne Wikipedia, entre autres, a symboliquement fermé son site internet en langue anglaise pendant 24 heures.


ARRESTATION DU FONDATEUR

Le fondateur de « Megaupload.com », Kim Schmitz, alias Kim Dotcom, a d'ores et déjà été arrêté en Nouvelle Zélande, en compagnie de trois autres salariés du groupe, qui emploie, au total, une trentaine de personnes dans neuf pays. Selon le Département de la justice américain, chacun d'eux risque jusqu'à 20 ans de prison.

Selon l'inspecteur Grant Wormald, le créateur de « Megaupload.com » a tenté de se réfugier dans une chambre forte lorsque la police est arrivée. « Mr. Dotcom est rentré dans sa maison et a activé plusiers mécanismes de fermeture électronique », a-t-il dit. « Une fois ces codes neutralisés par la police, il s'est barricadé dans une chambre forte (...) et lorsque la police est parvenue à y pénétrer ils ont trouvé Mr. Dotcom près d'une arme qui avait l'apparence d'un fusil de chasse à canon scié ». « Ca a été plus compliqué que de frapper à la porte », a résumé l'inspecteur. Les quatre hommes arrêtés --Dotcom, le Néerlandais Bram van der Kolk et les Allemands Finn Batato et Mathias Ortmann-- doivent comparaitre lundi 23 janvier 2012 devant la justice. Les Etats-Unis réclament leur extradition.


VIDÉO : KIM DOCTOM, LE FONDATEUR DU SITE MAGAUPLOAD.COM COMPARAÎT POUR LA PREMIÈRE FOIS DEVANT LA COUR.


La justice néo-zélandaise s'est prononcée contre la mise en liberté sous caution des quatre responsables du site. La police néo-zélandaise indique avoir effectué des perquisitions dans dix endroits d'Auckland, dont la vaste demeure de Kim Dotcom, appelée « Dotcom Mansion ». Les policiers ont saisi plusieurs voitures de luxe, dont une Cadillac rose de 1959 et une Rolls Royce Phantom, ainsi qu'« une arme à feu qui avait l'apparence d'une arme à canon scié ». Quelque 11 millions de dollars néo-zélandais (6,83 millions d'euros) ont été gelés sur des comptes bancaires.


RÉACTION DE MEGAUPLOAD.COM

Le site « PCINpact » se fait l'écho d'une première réaction officielle de « Megaupload »  : « Juridiquement nous allons nous battre jusqu'au bout », indique Emmanuel Gadaix, Chief Technology Officer (CTO) chez « Megaupload.com », qui représentait la plate-forme la semaine dernière lors d'un débat sur la liberté sur Internet et de la rémunération des auteurs au Sénat.

Selon lui, l'acte d'accusation du « FBI » serait plein d'inexactitudes. Interrogé sur le devenir des fichiers légitimes stockés sur la plate-forme, il répond : « On ne sait pas, c'est notre priorité la plus importante, de rétablir le service à nos utilisateurs et entreprises qui s'en servent quotidiennement à des fins légales ».


REPRÉSAILLE DES HACKERS DE ANONYMOUS

Suite à cette opération (La fermeture du site), les hackers d'« Anonymous » ont décidé d'opérer des actions de représailles en saturant des sites. Jeudi soir 19 janvier 2012, les sites d'« Universal Music » et du « Département de la justice américain » étaient ainsi inaccessibles. Des hackers ont également revendiqué sur « Twitter » la mise hors service du site du « FBI ».

Le collectif de pirates « Anonymous », ont affirmer avoir également attaqué l'« association professionnelle du disque (RIAA) ».

VIDÉO : LES HACKERS DE ANONYMOUS VONT RIPOSTER À LA FERMETURE DU SITE MAGAUPLOAD.COM


« Megaupload Ltd », et une autre entreprise liée à l'affaire, « Vestor Ltd », ont en outre été inculpées par une chambre d'accusation de Virginie (est) de violations de droits d'auteur mais aussi d'association de malfaiteurs en vue de commettre racket et blanchiment d'argent, des infractions passibles de 20 ans de prison. Fort de son succès sur l'internet, le site avait réussi à attirer les stars d'Hollywood et la presse américaine rapportait que Swizz Beatz, un producteur de musique marié à la chanteuse Alicia Keys, en était devenu le patron.

C'est l'un des sites les plus populaires au monde, avec plus de 50 millions de visiteurs par jour, et dont les services pèseraient pour près 4% du trafic Internet international. « Megaupload.com », et ses sites satellites comme « Megavideo.com ». Ce service de « direct download » permet à chaque internaute de déposer un fichier pour le proposer au téléchargement, en passant outre les systèmes anti-piratage, et notamment « Hadopi » en France.

Le site « Megaupload.com » permettait d'héberger des fichiers et de les partager sur l'internet. Dans les faits, il offrait des milliers de films, séries, émissions de télévision ou chansons en libre accès, par téléchargement direct ou streaming.

Mis à jour (Vendredi, 20 Janvier 2012 15:48)

 

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