La Corée du Nord va lancer mi-avril 2012 une « fusée » chargée d'un satellite, une action présentée comme « pacifique » mais qui enfreindrait les « résolutions » de l'« ONU », quelques jours après l'annonce d'un accord entre Pyongyang et Washington destiné à apaiser les tensions.

Lancement de la navette spaciale « Dicovery », le 05 mars 2010 au ap Canaveral aux États-Unis.
L'opération est prévue entre les 12 et 16 avril 2012, pour marquer le centième anniversaire de la naissance du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, a annoncé vendredi l'agence officielle nord-coréenne « KCNA ». Les satellites sont nécessaires au développement économique du pays et entre dans le cadre des activités pacifiques dans l'espace, a ajouté l'agence, canal privilégié des annonces du régime stalinien de Pyongyang. « Une orbite de vol sûre a été choisie afin que les débris de la fusée, générés pendant le vol, n'aient pas d'impact sur les pays voisins », a-t-elle indiqué, promettant d'obéir aux règlementations internationales sur le sujet. L'opération « va grandement encourager l'armée et la population (...) à construire une nation prospère ».
Le Nord avait utilisé des arguments semblables lors du précédent lancement d'une fusée longue portée, le 05 avril 2009, qui avait entraîné la condamnation du « Conseil de sécurité » de l'« ONU » et un renforcement des sanctions. Les Etats-Unis et leurs alliés avaient alors dénoncé un test de missile déguisé, alors que Pyongyang assurait qu'il s'agissait d'un satellite. Pyongyang avait ensuite officiellement quitté la table des négociations à Six portant sur sa dénucléarisation et procédé un mois plus tard à un deuxième essai nucléaire. L'annonce du Nord intervient 16 jours après un accord intervenu entre Pyongyang et Washington, qui a laissé espérer un apaisement des tensions sur la péninsule coréenne.
La Corée du Nord a accepté la mise en place d'un moratoire sur les lancements de missiles à longue portée, les essais nucléaires et les activités d'enrichissement d'uranium. En échange, les Etats-Unis vont fournir au Nord 240.000 tonnes d'assistance alimentaire. Séoul a qualifié ce projet d'« acte grave et provocateur ». Pour Tokyo, « qu'il s'agisse ou non d'un lancement de satellite ou d'un tir de missile balistique, c'est une violation des résolutions du Conseil de sécurité », selon le porte-parole du gouvernement Osamu Fujimura.
Une « fusée Unha-3 (Galaxy-3) » va lancer un satellite d'observation terrestre, appelé « Kwangmyongsong-3 », a précisé l'agence nord-coréenne, citant un porte-parole de Comité coréen sur la technologie spatiale. La fusée sera lancée vers le sud, depuis la « base de lancement Sohae »,, dans le comté de Cholsan (situé dans la province côtière du nord-ouest). La « Unha-3 »,, également appelée « Taepodong-3 », est théoriquement capable d'atteindre le territoire américain, a rappelé Baek Seung-Joo, de l'« Institut coréen des analyses sur la défense ».
Pour Yang Mo-Jin, chercheur à l'« université des Etudes nord-coréennes à Séoul », « après la tentative de lancement d'un soi-disant missile en 2009, (l'annonce de vendredi 06 mars 2012) est une nouvelle manoeuvre pour mettre la pression sur les Etats-Unis en conduisant un lancement-test d'une fusée qui pourra être aisément utilisée à des fins militaires ». Le régime veut « aussi montrer au monde qu'il est devenu un Etat fort, capable de prouesses technologiques et militaires, alors qu'il entre dans une nouvelle ère, celle de Kim Jong-Un, et qu'il fête le centenaire de la naissance de Kim Jong-Un », a-t-il ajouté auprès de l'AFP.
Kim Yong-Hyun, professeur à l'« université Dongguk de Séoul », prévoit que « les Etats-Unis vont réagir vigoureusement, en estimant qu'il s'agit d'un lancement de missile longue portée ». Avec cette annonce, le Nord « veut prendre la main pour les négociations avec Washington et tenter d'obtenir plus de concessions ». Washington « y verra une violation de l'accord de février 2012, mais le Nord soulignera qu'il a le droit, comme Etat souverain, de lancer un satellite », a renchéri Paik Hak-Soon, de l'« Institut Sejong ».
Kim Jong-Un, âgé de moins de trente ans, a succédé à son père à la tête de la Corée du Nord, après la mort de ce dernier le 17 décembre 2011. Depuis la création de la Corée du Nord, le pays a été dirigé par Kim Il-Sung, son fils Kim Jong-Il et désormais son petit-fils Kim Jong-Un.
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Mis à jour (Vendredi, 16 Mars 2012 10:37)






















