En se faisant piéger par un « tabloïd » dans une apparente tentative d'extorsion de fonds, Sarah Ferguson n'a pas seulement aggravé son cas aux yeux des sujets britanniques, elle a éclaboussé la reine et attiré l'attention sur les affaires controversées de son ex-époux, le prince Andrew.

 


Sarah Ferguson, le 13 avril 2010 à New York.


« Cupide », « Stupide », « Pathétique » : Les médias rivalisaient de qualificatifs tous moins flatteurs les uns que les autres lundi pour dénoncer l'inconduite de la « duchesse » d'York, qui a quitté Londres pour Los Angeles en pleurs après la diffusion d'un enregistrement réalisé à l'aide d'une caméra cachée.

On l'y voit --les yeux écarquillés et le verre à la main-- proposer à un journaliste du « News of the World », célèbre pour ses interprétations de « faux Cheikh », « l'accès au prince Andrew », dont elle est restée proche 14 ans après leur divorce, pour la somme de 500.000 livres (560.000 euros). Dont 40.000 sous forme d'avance plus 1% sur toutes les transactions à venir. « Prenez soin de moi, et il prendra soin de vous », y assure-t-elle.

Le prince Andrew, « représentant spécial du Royaume-Uni pour le commerce international et l'investissement » depuis 2001, ignorait tout de la transaction, a insisté le Palais de « Buckingham ». Sarah Ferguson, qui s'est dite épouvantée par « son manque de jugement », avait au demeurant pris soin de préciser au « reporter/business-man » que le duc, « plus blanc que blanc » ne toucherait aucun des billets à l'effigie de sa mère.

Il n'empêche, le scandale était omniprésent en une des journaux lundi.

Tous ont rappelé la description de la « duchesse » faite jadis par Lord Charteris, ancien secrétaire particulier de la reine : « Vulgaire, vulgaire, vulgaire ».

Et d'énumérer ses innombrables gaffes, entorses au protocole et infidélités. Dont celle, immortalisée par la photo d'un paparazzi, un an avant sa séparation: elle montre la duchesse allongée torse nu au soleil du midi de la France, son conseiller financier John Bryan occupé à lui sucer le gros orteil.

La seule circonstance atténuante accordée à la divorcée est qu'elle aurait reçu en guise de pension alimentaire 15.000 livres par an du prince Andrew, pour élever les princesses Béatrice et Eugénie.

« Quand il s'agit des petits-enfants de la souveraine, un montant aussi insignifiant est une source de problèmes », a tranché « The Guardian ». Dans l'avalanche de réactions sur le net, nombreux sont ceux qui dénoncent « la pingrerie de la reine », 214è fortune du pays.

Toutefois, la « Duchesse » qui a tenté de gagner sa vie à coups de conférences sur la famille royale et de campagnes publicitaires pour « Weight Watchers », et qui a écrit un livre pour enfants –« Budgie l'hélicoptère »-- est de son propre aveu « un panier percé », criblé de dettes.

Le scandale rejaillit sur son mari. Le prince, âgé de 50 ans, a tourné la page sur une jeunesse tumultueuse, et ses amours avec une actrice de films érotiques, Koo Stark.

« La pression est exercée sur lui, particulièrement en raison de son rôle quasi gouvernemental et un rien mystérieux de globe-trotteur », a relevé « The Guardian ».

Le « Times » conservateur redoute que sa position « ne soit compromise ». Le « Daily Telegraph » relève que sa tâche officiellement non rémunérée lui vaut quand même des annuités de 249.000 livres prélevées sur la pension allouée à la souveraine par le Parlement, et quelque 150.000 livres de défraiements pour ses nombreux déplacements à l'étranger.

Les médias s'interrogent sur la nature des relations d'Andrew avec un milliardaire du Kazakhstan qui a racheté à prix d'or sa résidence du Berkshire; son récent hébergement dans une villa somptueuse du prince régnant d'« Abou Dhabi »; l'usage immodéré que l'ancien pilote d'hélicoptère de la « Royal Air Force » fait de ce mode de transport, selon le « National Audit Office », l'équivalent de la « Cour des comptes ».

Mis à jour (Lundi, 24 Mai 2010 18:10)

 

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