Pas moins de huit journaux régionaux publient ce mercredi matin 25 avril 2012 une même interview de Nicolas Sarkozy, dans laquelle le chef de l'Etat et candidat de l'« UMP » lance un appel aux électeurs à un peu moins de deux semaines du second tour de la présidentielle. Nicolas Sarkozy affirme qu'entre la réduction des déficits et le contrôle de l'immigration qui pèse sur les comptes sociaux, « les préoccupations des électeurs de François Bayrou et ceux du + Front national + sont les mêmes, même si les chemins sont différents ».



Photo d'archive du président français, Nicolas Sarkôzy, lors d'un meeting électoral à Montpellier le 03 mai 2007. Actuellement, il est candidat à sa succession à la présidentielle 2012.


Dans une interview accordée aux quotidiens de l'Association des journaux de l'Est de la France, à paraître mercredi, M. Sarkozy se déclare « très déterminé » pour sa campagne de second tour et affirme que le vote du premier tour n'a donné lieu à « aucune poussée de la gauche ». « C'est un vote de crise », réaffirme-t-il, « il faut y répondre ».

« Les électeurs sont libres » et « n'appartiennent à personne », dit-il. Quand on lui demande si ce qu'il dit aux électeurs du « FN » ne risque pas de gêner ceux de M. Bayrou, le président-candidat répond qu'il « partage la préoccupation sur les déficits exprimée par François Bayrou ». « Or, si on laisse l'immigration sans contrôle, la première conséquence, ce sera l'aggravation des déficits de nos régimes sociaux » et « on ne peut pas accepter une immigration dont le seul but serait de bénéficier de prestations sociales toujours plus généreuses », affirme-t-il. Selon lui, « de ce point de vue, les préoccupations des électeurs de M. Bayrou et du + Front national + sont les mêmes, même si les chemins sont différents ».

Alors qu'on lui demande si concilier François Bayrou et Marine Le Pen n'est pas une équation difficile ? Il rétorque : « c'est en tout cas moins délicat que se retrouver coincé entre Mme Eva Joly, qui ne veut pas du nucléaire - alors que les prix du pétrole augmentent - et M. Jean-Luc Mélenchon qui veut augmenter toutes les prestations sans souci des déficits ». « La cohérence est-elle plus difficile pour moi ou pour M. François Hollande (son adversaire PS) ? Moi, je ne suis l'otage de personne. M. Hollande est l'otage de ses alliés. Il y a deux mois, M. Mélenchon traitait M. Hollande de capitaine de pédalo. Il le rallie sans condition. Il faut croire qu'il est impressionné par ce capitaine de pédalo », ironise-t-il.


AUX ÉLECTEURS DU « FRONT NATIONAL »

M. Sarkozy réaffirme également qu'il « se refuse à culpabiliser les électeurs du + Front national + », qu'il ne « les juge pas ». « Ils veulent garder leur mode de vie, nous devons les entendre », dit-il, en rappelant les mesures qu'il a déjà présentées : « diviser par deux » le nombre des immigrés légaux avec « la fin du regroupement automatique », la poursuite des heures supplémentaires, la lutte contre « l'assistanat » impliquant la suppression du « RSA » pour celui qui ne fait « pas d'effort d'insertion », la lutte contre « l'Europe passoire »...

« Je ne vis pas leurs souffrances », dit-il encore à propos de ces électeurs. « J'ai vu que François Hollande les accusait d'avoir fait un mauvais choix (...) S'il vivait dans les mêmes quartiers, s'il avait peur comme eux de perdre son emploi, peut-être son jugement serait-il moins abrupt. Je n'accepte pas qu'on dise qu'ils sont racistes, xénophobes, pas plus que populistes. Ils disent simplement que la France est leur territoire, qu'ils n'y veulent pas la burqa, des horaires différenciés dans les piscines pour les hommes et les femmes, des médecins différents dans les hôpitaux », ajoute-t-il. « Je leur dis : je vous ai entendus, ce n'est pas moi qui vais donner le droit de vote aux étrangers ».

VIDÉO : NICOLAS SARKOZY PATRIOTISE SON DISCOURS ÉLECTORAL À LONGJUMEAU.


M. Sarkozy redit qu'il n'a « pas de leçon à recevoir » de la part de la gauche, et qu'« on n'a jamais autant progressé » en matière de moralisation de la vie publique que pendant son quinquennat. « Quand M. Hollande dit qu'il ne tiendra pas compte des marchés, il dit une incongruité », affirme-t-il également.

L'interview est publiée dans huit journaux : 

« L'Alsace », « Le Dauphiné libéré », « Les Dernières Nouvelles d'Alsace », « Le Journal de Saône-et-Loire/Bien public », « L'Est Républicain », « Le Progrès », « Le Républicain lorrain » et « Vosges Matin ».

Mis à jour (Mercredi, 25 Avril 2012 08:19)

 

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