Un acteur politique vient de quitter le monde des vivants loin du sol de ses ancêtres qu’il a tant aimé et voulu regagner ! Nguila Moungounga Nkombo est décédé à Paris. On savait l’ancien ministre de l’Economie et des Finances sous Lissouba gravement malade depuis quelques mois. Il s'est éteint ce 14 avril, en fin de matinée, dans la capitale française. La semaine dernière il venait d'avoir 70 ans (il était né à Mouyondzi, dans la Bouenza, au sud-ouest du Congo, le 9 avril 1940).

 


Photo non datée de l'ancien Ministre de l'Economie et des Finances de la République du Congo, Monsieur Nguila MOUNGOUNGA NKOMBO .


Il fut l’un des piliers de l’« Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) ». Né le 9 avril 1940, à Mouyondzi, dans le département de la Bouenza, cet ancien diplômé de l’« École supérieure de commerce de Bordeaux », en France, est entré tôt en politique puisqu’il fut, parmi tant d’autres dirigeants, l’un des fondateurs de l’ancien parti unique, le « Parti congolais du travail », le 31 décembre 1969.

Ancien membre du « PCT » dont il fut l’un des fondateurs, il fut accusé de complicité dans la mort de l'ancien président Marien Ngouabi et condamné à 10 ans de travaux forcés. Il avait adhéré à l’« UPADS » à la faveur de la « Conférence nationale » et de l'avènement du multipartisme, en 1991.

Puis exilé en France après la guerre du 5 juin 1997, suite au coup d’Etat sanglant qui avait renversé Lissouba et à la guerre qui s’en était suivie Moungounga, fort de la fortune qu'on lui prêtait alors, était devenu (et est resté) un irréductible opposant au régime de Sassou.  « J'ai choisi d'être différent (.) Je n'ai jamais voulu répondre à l'appel de la soupe », confiait-il lors d'un entretien accordé à « Mwinda ».

Pendant son exil il avait créé un cercle de réflexion, le « CEDERC », très actif en France. Lourdement condamné par contumace lors d'un « procès de Moscou » à Brazzaville, en même temps que Lissouba, Kolelas et Yhombi notamment, Moungounga n'a pourtant jamais bénéficié de l’amnistie sélective octroyée par Sassou à ces dernières personnalités. Un traitement qu'il partageait avec Benoît Koukébéné. C’est donc toujours condamné que le corps de l’ancien ministre risque d’être rapatrié et inhumé dans sa terre natale…

Nguila Moungounga Nkombo tenta depuis la capitale française de mener une opposition farouche au pouvoir en place à Brazzaville en mobilisant les leaders de l’« UPADS » et de son association politique, le « Cercle des républicains pour la démocratie au Congo (CEDERC) ». Son discours politique était demeuré intransigeant.

Comme homme Moungounga laisse le souvenir d'une personnalité dotée d'un tempérament politique assez rare dans la classe politique congolaise. Dynamique et volontaire, il cultivait l'intransigeance. Un caractère de faucon dont il a fait montre dans le gouvernement de Lissouba, au sein de la fameuse « bande des quatre » qu'il formait avec Martin Mbéri, Victor Tamba Tamba et Christophe Moukouéké.  Une bande accusée à tort ou à raison d'avoir gouverné le pays à la place du président élu lors de certaines crises.




QUELQUES CONDOLEANCES ET HOMMAGE DE NOS CHERS COMPATRIOTES :


 Aujourd'hui je perds un « père », un mentor politique, le Congo perd l'une des grandes figures et l'une des grandes voix intraitable de notre vie nationale qui a occupé pendant plus de quarante ans une place centrale dans notre vie politique. Avec lui, les mots de République, de Nation et d'Etat prenaient tout leur sens, le Congo perd aujourd'hui un homme de convictions, un homme d'honneur, un homme d'Etat d'une exceptionnelle intelligence.

Nguila Moungounga kombo, avait la passion du Congo, une passion dévorante, tenace, méfiante qui le conduisait de son Non au pouvoir de Brazzaville. Chacun pressentait qu e dans son patriotisme obstiné il y avait en quelque sorte une part de notre histoire nationale.

Nguila était fier et inclassable parmi les hommes politiques achetables au Congo, fidèle aux valeurs du Président Lissouba comme on est fidèle à une épopée qui exige de tout donner.

Un grand « lissoubiste ! » Avec lui, le « lissoubisme » avait gardé quelque chose de vivant. Le mot lui allait comme une évidence.

Cette disparition brutale est une déchirure avec peu d'années de complicité politique mais surtout personnelle.

Auprès des militants orthodoxes de l' « UPADS », il était encore et toujours l'homme que l'on écoute. Son aura et sa culture de Moungounga Nguila s'imposaient à tous. Son autorité et la constance de ses convictions ne laissaient personne indifférents.

Paix profonde à son âme.
Wallys Kimbatsa

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Mes chers compatriotes,

J'ai appris avec tristesse le décès du ministre Moungounga Nkombo Nguila.

La République du Congo perd en lui un homme d'Etat animé par la volonté de porter son pays vers le progrès.

Je souhaite que l'histoire retienne qu'il a su être un homme de conviction et un grand résistant face  au régime dictatorial de Brazzaville.

Au-delà des aléas politiques, le Ministre Moungounga a ainsi donné une image positive du Congo et des Congolais.

Dans ces circonstances difficiles, Je  m'associe au deuil des patriotes congolais, et  adresse, mes sincères condoléances à la veuve et aux enfants du ministre Moungounga.

Par Kovalin Tchibinda

 

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L'ancien ministre de l'économie et des finances du Congo Brazzaville sous le régime Lissouba est mort ce mercredi 14 Avril 2010 à Paris.

Ministre du gouvernement Bernard Kolélas et en exil depuis 1997, il a toujours été sans concession face au pouvoir de Sassou Nguesso.

Ayant travaillé avec lui dans le cadre de l'« E R D D U N (Espace Républicain pour la Défense de la Démocratie et de l'Unité Nationale) », nous avions la même approche politique sur la situation du Congo et de son avenir. Comme la plupart de ses collègues ministres, il acceptait volontiers les critiques souvent très vives de la nouvelle génération des Congolais en France sur la gestion du pays sous l'ère Lissouba.

C'est un enfant du pays Kongo qui est parti.

Je partage la peine avec sa famille et ses amis.

Par Théo Joseph Senga, Fondateur du « MCDDI » en France, Ancien président et co-fondateur de l'« 
ERDDUN – France »

 

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Une étoile vient de mourir. Du fond de mon âme, je veux exprimer ma peine, témoigner ma gratitude à sa progéniture, mais aussi faire le rêve que cette perte si grande pour nombreux soit un pont au sein de l’immense famille « UPADS » et entre tous ceux qui ont l’idéal démocratique gravé dans le cœur.

Fidèle à tes convictions, tu as fais un bras d’honneur au reniement et à la compromission. Et rien que pour cela, tu auras ta place au panthéon de la mémoire congolaise. Point n’était nécessaire de partager tes analyses, ton positionnement, pour aujourd’hui s’incliner et espérer que tu aies  droit à la béatitude éternelle, car  les étoiles qui sont dans le ciel ont toujours émis de la lumière chacune à sa manière. L’important c’est le sens de l’honneur et de la dignité, la constance des idées, cette passion infinie pour l’avenir du Congo qui t’ont singularisé.

Que l’Histoire donne un jour un sens à ton exil, Nguila ! Dans ton repos éternel, brille et brille encore, comme le font toutes les étoiles mortes et dont nous percevons la lumière longtemps encore, ici bas, depuis notre vallée de larmes.

Par Alfred  Florent BISSINGOU.

 

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Mon cher aîné, Je t'écris cette lettre pour te dire que ton départ m'a beaucoup peiné. Je nous revois dans ta voiture en train de plaisanter lorsque tu vins me chercher à la gare la plus proche de ta maison. Je nous vois dans ton salon comme hier en train de tenir colloque pendant que le jeune frère qui m'y avait accompagné gardait un silence monacal. De quoi parlions nous donc? De notre passion commune: du congo. Nous colloquions sur le Congo du temps où tu fus ministre. Je retiens de ces heures passées ensemble ta ferme conviction qu'avec les putschistes il ne fallait pas transiger. Le Congo m'as-tu dit n'est pas à vendre. De plus j'ai en toi un homme sincère et franc. Ceux qui ne te connaissent pas trouvaient en toi un sectaire. L’homme jaloux de l'indépendance de son pays est celui qui accepte tous les qualificatifs. Mon cher aîné, hier, lorsqu'un parent, un de tes amis de lutte et collègue au ministère du commerce m'a appelé pour me dire que tu venais de quitter cette terre des hommes, mes jambes ont flanché. J’ai observé devant mes étudiants un silence paralysant. Je ne sais que te dire. Oui mon cher aîné dans la voie que le destin a voulu que tu suives avant que le Congo ne retrouve la démocratie pluraliste, je te demande de voyager d'un pas guilleret, le regard droit comme le font les gens qui toute leur vie ont lutté pour atteindre un idéal- affranchir les congolais de la servitude des multinationales nécrophages et impitoyables. Oui le combat pour la restauration de la démocratie sera poursuivi par les hommes et les femmes jaloux de notre héritage commun: le Congo. Le Congo n'est pas à brader.

Va rejoindre les ancêtres avec le sentiment que le témoin est en de bonnes mains. Jusqu’au dernier moment tu as tourné le dos à la corruption. L’histoire reteindra de toi comme un résistant.

Bon voyage au pays des ancêtres, cher aîné, le résistant voyage sans appréhension.

Par Yves Mbama Ngankoua.

 

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Avec cette disparition, le Congo et l’Afrique perdent l’un de ses plus valeureux fils, dans la lignée des Simon Kimbangu, Patrice Lumumba, Almicar Cabral, Thomas Sankara, Marien NGouabi, Abdel Nasser, Samory et bien d’autres encore. Il est mort sans trahir son peuple et l’Afrique, fidèle à ses convictions, la tête haute. De lui, nous avons appris comment transcender les clivages politiques et tribaux pour rechercher l’unité nationale, et aller vers la Renaissance et l’unité Africaine. Il savait prendre de la hauteur quelques soient les épreuves. Il n’a jamais voulu basculer dans le piège du tribalisme, responsable selon lui, de tous les maux que souffraient son pays le Congo et l’Afrique toute entière. Sa mort, marque aussi le début de la fin pour ses pourfendeurs, les ennemis du Congo et de l’Afrique : C’est écrit ! Ceux qui se réjouissent de sa mort vont déchanter d'ici peu! Va en paix, Grand homme, nous inscrirons ton nom sur du marbre, pour l’éternité, avec ceux de tes illustres prédécesseurs, dans la Cité des Grands Hommes, future capitale de l’Afrique Unie. Nous veillerons que soit transmis de génération en génération, le précieux héritage politique que tu nous laisses.

Par Noël MOUKALA.

 

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La nature vient de nous imposer sa loi, une loi incontestable contre laquelle nous ne pouvons rien, et devant laquelle nous ne pouvons que nous soumettre. Le Congo pleure un de ses fils qui vient d’être frappé par cette loi ; les congolais pleurent un père, un époux, un fils, un frère, un ami, ou une simple connaissance rencontrée au détour d’un hasard, tandis que l’opposition politique congolaise se retrouve orpheline d’un des acteurs les plus constants, les plus fidèles et les plus dignes qu’elle ait jamais connus !

Le Ministre des finances du gouvernement congolais, sous Pascal Lissouba, Monsieur Nguila Moungounga Nkombo nous a quitté. Qu’il en soit ainsi, et nous disons : Paix à son âme ! Dans nos pleurs, dans nos gémissements, dans nos plaintes, nous nous souviendrons certainement de beaucoup de ses imperfections, des projets inachevés.

Mais, parce que nul n’est parfait ici-bas, et que nul ne peut jeter la pierre à autrui en se targuant de n’avoir jamais failli, le « CODICORD » se souviendra surtout de l’homme Militant, Opposant politique qui, étant demeuré constant dans ses idées, notamment, depuis sa venue en exil jusqu’à son dernier souffle, n’a pas cédé aux sirènes trappeuses des autorités de Brazzaville. L’homme politique a fait et fera partie à jamais des figures emblématiques de la résistance politique congolaise, et pourrait servir d’inspiration à la jeune génération des acteurs politiques.

A vous, Monsieur Nguila Moungounga Nkombo, Homme de conviction, Homme de courage, nos pensées les plus attristées vous accompagnent vers votre dernière demeure. Nous disons « MERCI » pour la leçon de courage.

Suite à ce départ prématuré, le « CODICORD » présente à la famille de Monsieur Nguila Moungounga Nkombo, toute sa sympathie et ses sincères condoléances dans ces moments, oh combien difficiles.

Par Raphaël GOMA.

 

Mis à jour (Lundi, 19 Avril 2010 10:48)

 

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