Une épidémie apparentée à la « poliomyélite », qui sévit depuis près de deux semaines à Pointe-Noire, principal centre économique et industriel du Congo, a fait déjà huit morts et une vingtaine de cas ont été signalés, a annoncé ce mardi 02 novembre 2010 le ministère congolais de la Santé.

 


Vestige colonial :  Gare centrale de pointe-Noire au Congo. 


« Les malades admis dans les hôpitaux présentent des symptômes de type grippal. Ils présentent aussi des paralysies qui commencent par les membres inférieurs puis atteignent les membres », a déclaré le directeur général de la santé, Pr Alexis Elira Dockekias.

« Cette épidémie est apparentée à la poliomyélite qui a déjà sévi, à la seule différence que, cette fois, la maladie atteint aussi les adolescents et les adultes, contrairement à la polio qui touche essentiellement les jeunes et les enfants », a précisé le Pr Elira Dockekias.

Selon le « DG » de la santé, cette maladie est probablement due à un virus qui atteint le tube digestif.

Le ministère congolais de la Santé a déjà saisi l'« Organisation mondiale de la santé (OMS) », conformément aux dispositions sanitaires internationales concernant les épidémies.

Toutefois, le Pr Elira Dockekias a invité la population à ne pas paniquer, mais à observer les mesures d'hygiène de base en ne consommant que l'eau potable.

« L'eau doit être bouillie avant la consommation, on peut aussi utiliser les produits que les services d'hygiène recommandent aux citoyens », a indiqué le « DG » de la santé.

En raison du manque d'eau potable dans certains quartiers de Pointe-Noire, surtout dans la périphérie, les habitants consomment parfois de l'eau des puits et de certains forages mal entretenus qui, au moment de la saison des pluies, sont des foyers de multiplication de nombreux parasites, bactéries et virus à l'origine des épidémies.


NOTE :

Il s’agit d’une infection virale très contagieuse touchant principalement les enfants. Le « virus » se transmet par l’eau ou des aliments contaminés. Après s’être multiplié dans l’intestin, il envahit le système nerveux.

Dans de nombreux cas, l’infection reste asymptomatique, mais les sujets atteints excrètent néanmoins le virus dans leurs fèces et peuvent donc transmettre la « poliomyélite » à d’autres.

Les symptômes initiaux sont de la fièvre, de la fatigue, des céphalées, des vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les membres. Dans un petit nombre de cas, la poliomyélite entraîne une paralysie, souvent définitive. La vaccination est le seul moyen de prévention.

Mis à jour (Mercredi, 10 Novembre 2010 17:08)

 

Commentaires 

 
0 #1 administrateur 2010-11-10 15:13 CONGO-BRAZZAVILLE : UNE EPIDÉMIE DE « POLIOVIRUS » TUE UNE CENTAINE DE PERSONNES (SOURCE : http://fr.allafrica.com.)
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Le gouvernement du Congo-Brazzaville lancera vendredi (12 novembre) sur la ville de Pointe-Noire (sud du pays) et les régions voisines une campagne de vaccination systématique contre la poliomyélite. C'est une riposte à une épidémie de « poliovirus sauvage de type 1 » qui a déjà tué 101 personnes sur les 204 cas enregistrés. Par Arsène Séverin.

« C'est trop de morts » pour ce nombre de cas. « C'est une vraie catastrophe nationale », s'est alarmé à « IPS », Dr Jean Vivien Moumbouli, directeur de recherches au Laboratoire national basé à Brazzaville, la capitale congolaise.

« C'est une très grave épidémie qui tue en 48 heures », a martelé de son côté, devant des journalistes, Dr Alexis Elira Dokekias, directeur général de la Santé.

D'après la Direction de lutte contre la maladie, cette épidémie a déjà tué 97 personnes à Pointe-Noire, la capitale économique du pays, deux personnes à Dolisie et une personne à Nkayi, dans le sud-ouest. Un autre cas de décès a été enregistré la semaine dernière à Brazzaville.

Dr Elira Dokekias a annoncé un cas venu du nord du pays, et reçu à Brazzaville le lundi, 8 novembre.

Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, basé à Atlanta aux Etats-Unis, et où les prélèvements ont été examinés, il s'agit d'un « virus sauvage de + polio de type 1 +, très virulent ».

Dr Moumbouli affirme que cette maladie n'a pas de traitement. « On peut mettre le patient sous antibiotique juste pour atténuer les douleurs. S'il s'en sort, il vivra avec des infirmités », a-t-il souligné.

A Pointe-Noire, l'épicentre de l'épidémie, les populations sont désemparées. Le gouvernement communique très peu sur la maladie. « On ne sait même pas de quoi il s'agit, tellement qu'on spécule sur cette maladie », a déploré Jean Bakala, habitant de la commune de Loandjili où on compte le plus de victimes.

« Mon père de 45 ans a contracté cette polio. Mais les médecins ne voulaient pas l'approcher, craignant eux-mêmes d'être contaminés. Cela m'a beaucoup choqué », a témoigné à « IPS », Hermane Bouity, dont le père, décédé quelques jours après, était interné à l'hôpital Adolphe Cissé de Pointe-Noire.

Tous les cas sont référenciés dans les deux hôpitaux généraux de la ville océane: Loandjili et Cissé. « Nous ne sommes peut-être pas débordés, mais nous avons nous-mêmes peur », a confessé, sous l'anonymat, une infirmière de l'hôpital de Loandjili.

Même les « organisations non gouvernementale s (ONG) sont aux abois. « On ne sait quelles précautions prendre, car nous ignorons tout de cette maladie. Les populations sont abandonnées », a fustigé à « IPS, Brice Mackosso, secrétaire général de la Commission justice et paix, une « ONG proche de l'église catholique, basée à Pointe-Noire.

« C'est déplorable pour notre pays qui a plus de six milliards de dollars de budget, qu'on n'ait pas de laboratoire de contrôle de qualité de biens de consommation », a-t-il regretté.

« Le gouvernement est totalement responsable de la propagation de cette épidémie, car il ne communique pas. A la télévision et à la radio nationales, on ne voit rien, et on n'entend rien », a dénoncé Roch Euloge N'zobo, de l'« Observatoire congolais des droits de l'Homme », une « ONG » basée à Brazzaville. « Il y a eu une grande inefficacité dans la réaction du gouvernement », a-t-il déclaré à « IPS ».

Informées trois semaines après les premiers cas, début octobre, les autorités ont d'abord voulu savoir la nature de la pathologie. Ce n'est que début novembre qu'elles ont commencé timidement à communiquer. « C'est un virus qui attaque le système nerveux, qui paralyse tout le corps et qui tue », a indiqué Dr Elira Dokekias aux médias d'Etat.

« Il faut observer l'hygiène de base. Le virus se trouve dans les selles et se transmet par voie orale. Mais par défaut d'hygiène, il peut être dans l'eau, dans les légumes ou les fruits », a-t-il expliqué.

« Les vaccins arrivent avec beaucoup de retard. Ceux qui sont atteints ne seront plus sauvés, car il faut au moins trois semaines pour que ça agisse », a affirmé, amèrement, Anatole Bikou, un délégué médical à Pointe-Noire.

La campagne de vaccination qui commencera le 12 novembre concerne d'abord tous les habitants de Pointe-Noire, et le reste de la population du pays ensuite. Il faut pour cela 12 millions de doses de vaccin, a déclaré Dr Elira Dokekias.

Le « Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) » a annoncé un appui de cinq millions de doses venant de ses stocks de Copenhague, au Danemark. L'« UNICE »F recherche cependant quelque trois millions de dollars pour compléter ce stock avec d'autres vaccins.

Interrogé par « IPS », le responsable du « Programme national élargi de vaccination (PEV) », Dr Edouard Ndinga, n'a pas souhaité communiquer sur le nombre de doses que possède le Congo.

« Nous n'avons rien, on attend que la communauté internationale nous vienne en aide », a commenté N'zobo.

Le point réalisé en juillet dernier par le « PEV » avait révélé que le taux de couverture vaccinale contre la poliomyélite au Congo était de 90 pour cent. Et le dernier virus sauvage de poliomyélite a été détecté depuis 2000. C'est pourquoi les autorités suspectent un virus venu d'un «pays voisin».

Selon l'« Organisation mondiale de la santé », l'Angola compte encore 25 cas de poliovirus sauvage, et 28 cas sont enregistrés en République démocratique du Congo. Parmi les cas détectés à Pointe-Noire, quatre sont venus de Cabinda, une province angolaise voisine du Congo. « Nous avons un peu baissé la surveillance épidémiologique frontalière », regrette Dr Elira Dokekias.
 

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