Le bilan officiel des victimes des explosions des munitions au « camp génie de Mpila », le 04 mars 2012 dernier à Brazzaville, était de 282 morts, dont les restes ont été inhumés le 11 mars 2012. Pour l’heure, ce bilan a augmenté et a atteint 292 morts, tandis que plusieurs corps attendent d’être identifiés. Silence coupable de l’armée sur les victimes militaires. Par Eugène Gampaka, « Ai Brazzaville - Congo ».

Explosion meurtrière de la caserne du régiment de blindé de M'Pila à Brazzaville le 04 mars 2012 : une affaire qui révèle l'incapacité et la corruption du régime du président congolais, le dictateur Denis Sassou Nguesso.
Ce bilan pourrait évoluer davantage. Le jour des explosions, plusieurs églises situées aux alentours du « camp des blindés de Mpila » étaient pleines dès le petit matin. Dans le même secteur, des élèves assistaient dès huit heures aux travaux dirigés suivis par leurs enseignants.
LE SILENCE COUPABLE DE L'ARMÉE
Au « camp militaire de Mpila », 750 stagiaires, selon des sources concordantes, se trouvaient dans la caserne. Ce chiffre n’a été ni infirmée, ni confirmée par l’armée congolaise qui reste toujours la grande muette dans de telles circonstances. A ce jour, on sait seulement que près de 300 personnes ont péri dans le drame, personne n’ose évoquer le cas spécifique des jeunes militaires et policiers qui étaient en stage dans le camp.
LE FLOU SUR L'ORIGINE DE L'ACCIDENT
Le gouvernement congolais a fait allusion à un incendie provoqué par un court-circuit. Un expert militaire qui a requis l’anonymat, a écarté cette hypothèse en indiquant que l’endroit où sont logées les armes ne peut être électrifié Pour sa part, le ministre congolais de la justice, Me Aimé Emmanuel Yoka, a écarté l’hypothèse de court-circuit qui ne représente que 6%, contre 28% pour une action de l’homme. L’« Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) » estime que « seule une enquête, indépendante et internationale, avec la participation des parents des victimes pourrait aider tout le monde à voir clair dans cette affaire ».
75 ENFANTS DISPARUS APRÈS LE DRAME
Au moins 75 enfants congolais sont recherchés par leurs parents qui ne les ont plus revus depuis les explosions de Mpila, le 4 mars dernier. Un communiqué du « Comité Internationale de la Croix-Rouge (CICR) » a annoncé récemment à Brazzaville que sur 98 demandes de recherche d’enfants, l’organisation a réussi à trouver 23 enfants et 75 autres demeurent introuvables. Bernard Metaux, chef de mission du « CICR » au Congo, n’exclut pas que les enfants recherché soient sous les décombres dans la zone du sinistre.
57 ENFANTS REMIS À LEURS PARENTS
Depuis le 04 mars 2012, le « CICR » a pu identifier et remettre à leurs familles respectives, quelque 57 enfants sur un total de 69 identifiés. Les explosions du dépôt de la caserne de Mpila, quartier Est de Brazzaville, ont fait officiellement 282 victimes, plus de 2500 blessés et 14000 sans abri qui vivent dans les conditions précaires sur une dizaine de sites aménagés à travers la capitale congolaise. Le président de la « Croix-Rouge congolaise », Christian Sédar Ndinga a révélé qu’il y a encore une dizaine de corps qui ne sont pas identifiés et inhumés.
PRÈS DE 20. 000 FAMILLES INDEMNISÉES
Près de 2.000 familles victimes des explosions du 04 mars 2012 dernier, ont perçu leurs indemnités d’allocation d’urgence accordées parle gouvernement, a annoncé récemment le ministre congolais des finances, Gilbert Ondongo. Ces familles ont reçu 3 millions de FCFA (près de 6.000 USD) par famille pour un coût de 6 milliards De FCFA (environ 12 millions USD). Il a indiqué que le gouvernement est déterminé à aller jusqu’au bout.
Le ministre de finances a déclaré à la presse que tous les financements publics relatifs à la prise en charge multiforme des populations déplacées et aux autres dépenses sont issus des fonds publics propres. Il répondait ainsi aux questions des journalistes sur la disponibilité des ressources financières relatives au paiement des indemnités des sinistrés. « Il y a autant d’argent qu’il y a d’ayants-droit ; l’Etat est aujourd’hui en mesure de faire face à son obligation de verser les 3 millions de FCFA à l’ensemble des personnes concernées », a-t-il dit.
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Mis à jour (Dimanche, 22 Avril 2012 11:45)
























