La gestion de cette grève échappe aux syndicalistes qui ont depuis longtemps perdu la confiance des enseignants (des travailleurs congolais). Les ténors des centrales syndicales ayant été cooptés par le pouvoir de Brazzaville qui leur verse des prébendes juteux pour inhiber toute velléité de grève sociale. Ils ont cette fois été disqualifiés par une base qui désormais décide de tout en assemblée générale ... Par NeKongo Waverila.



Carte de la république du Congo. 


Commencé il y a quelques semaines à Brazzaville, le mouvement de grève est également observé dans des lycées, collèges et instituts d'enseignement général et technique publics de Pointe-Noire. Dans les établissements publics du primaire, qui ont commencé aujourd'hui les évaluations du deuxième trimestre, et les écoles privées, les cours se déroulent normalement. En revanche, dans tous les lycées, collèges, instituts publics, notamment le lycée Victor-Augagneur, le lycée Poaty-Bernard, le collège Nkwame-Nkrumah, le collège Jean-Baptiste-Tati-Loutard, l'institut Thomas-Sankara, les cours sont pratiquement arrêtés depuis près de deux semaines.

Malgré de multiples rencontres entre les autorités préfectorales et les différentes représentations syndicales des sous-secteurs de l'enseignement du département de Pointe-Noire, les responsables syndicaux ne semblent pas prêts à renoncer à la grève. « La profession d'enseignant n'est pas valorisée au Congo. Il n'est pas question d'arrêter la grève à Pointe-Noire sans avoir au préalable l'aval des collègues syndicalistes de Brazzaville où le mouvement a débuté. L'enseignant a le droit de vivre dignement de son travail, comme les autres fonctionnaires du pays », s'est indigné un syndicaliste sous couvert d'anonymat.

Les autorités préfectorales de la ville ont tenté de trouver des solutions et la direction départementale de l'Enseignement primaire et secondaire de Pointe-Noire a maintes fois exhorté les enseignants à reprendre le travail en attendant la suite des négociations engagées à Brazzaville entre les pouvoirs publics et les syndicats. Manifestement, en vain.


LES PROMESSES DE SASSOU À L'ADRESSE DE LA NATION 2012

A l’occasion de sa dernière adresse à la nation 2012, monsieur Sassou a pompeusement annoncé une série de mesures sociales alléchantes, à savoir :

1. Adoption d’une nouvelle grille salariale « particulièrement avantageuse (le président dixit) » pour l’ensemble travailleurs congolais ;

2. Relèvement du « SMIC » à hauteur de 70 000 francs CFA ;

3. Proclamation de l’an 2013 comme étant « l’année de l’Education » ;

4. Signature du statut particulier du personnel de santé (un des deux services sociaux des cadres de la fonction publiques congolaise), avec relèvement du point d’indice à 300 (le point d’indice général étant de 200), le tout avec effet financier à la fin du mois qui a suivi cette déclaration.

Remarquez qu’il a royalement oublié que c’est l’année de l’éducation et de ses travailleurs ? c’est ce manque de cohérence d’idées et d’actions qui est déclencheur de trouble sociaux et ce n’est pas drôle du tout. La situation ainsi créer est telle qu’un agent moyen des cadres des services sociaux (santé) est beaucoup mieux rémunéré qu’un agent de la catégorie I, échelle 1, (plafond des catégories de l’ancienne grille salariale) payé suivant le point d’indice 200.

A ce niveau de responsabilité, on ne peut se permettre de créer une telle discrimination par inadvertance sans se soucier de la réaction fulgurante (même au prix de leur vie comme en Tunisie) des laissés pour compte, quand bien même l’on se sent fort d’avoir conforté son système répressif. Aujourd’hui, les enseignants réclament la réparation d’une injustice sociale flagrante par :

- Le relèvement du point d’indice à 300 pour l’ensemble des cadres des services sociaux (enseignement, santé et affaires sociales, journalisme) ;

- Le paiement des rappels de fonctionnement aux ex-appelés volontaires qui ont servi durant avant d’être recrutés dans la fonction publique ;

- La signature du statut particulier des enseignants codifiant l’ensemble des avantages sociaux dus à leur corporation, lequel statut particulier constitue une des conditionnalités pour l’accession au cadre « Hors classe ».

Tout cela est du domaine du possible quand on se souvient de la dernière flagornerie du très puissant ministre des finances « Le Sieur Odongo très fâché » qui s’est extasié en ces termes en direct sur les médias : « Le Congo dispose de moyens financiers importants ». Dis par l’un des principaux gérants de la manne pétrolière et du bois congolais, « on n’a plus besoin qu’on nous fasse un dessin ».

En attendant, la grève des enseignants perdure, le pouvoir brille par l'indifférence. Elle paralyse l’ensemble des écoles publiques, voire des écoles privées soumises à ses assauts répétés des élèves du public qui réclament leur solidarité. Ainsi sont à l’arrêt, toutes les écoles de la ville de Brazzaville nord et sud, voire de l’intérieur du pays ou le mouvement s’étend à une vitesse « V ».

Mis à jour (Samedi, 16 Mars 2013 21:54)

 

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