Le président syrien Bachar al-Assad, dont le régime est contesté par la rue depuis 10 mois, a estimé mardi 10 janvier 2012 que son pays faisait l'objet d'un « complot étranger » et a promis d'y répondre, la « Ligue arabe » dénonçant de son côté des attaques contre ses observateurs dans le pays.



Le président syrien Bachar al-Assad. 


« Ce qui se passe aujourd'hui en Syrie avait été préparé pour la région depuis des décennies. Mais leur rêve tournera au cauchemar. Nous n'allons pas permettre la défaite de la Syrie qui signifiera la chute de la région entière » a-t-il dit dans cette quatrième intervention télévisée depuis le début de la révolte. Il s'en est pris notamment aux « médias internationaux » qui tentent selon lui « sans relâche de pousser la Syrie à l'effondrement ». Il a affirmé que le rétablissement de la sécurité était « la priorité absolue » du régime, promettant de frapper les « terroristes » d'une main de fer. « Il ne faut pas tolérer ceux qui terrorisent les gens, ni ceux qui sont complices avec les (parties) étrangères », a-t-il affirmé.

La Syrie est en proie depuis la mi-mars 2011 à une vague de contestation réprimée dans le sang, mais le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la révolte et attribue les troubles à des « bandes armées » ou des « groupes terroristes » manipulés par l'étranger. La répression de la révolte a fait plus de 5.000 morts, selon l'« ONU ».

« Nous allons faire face au terrorisme et au chaos », et « les résultats seront rapides », a insisté le président syrien. Il s'est par ailleurs défendu d'avoir donné des ordres de tirer sur son peuple. « Aucun ordre n'a été donné de la part d'aucune autorité pour ouvrir le feu » sur des manifestants, a-t-il affirmé. « Je gouverne avec la volonté du peuple et si je renonce au pouvoir ce sera aussi avec la volonté du peuple », a ajouté Bachar al-Assad qui a succédé à son père en 2000, alors que de nombreux pays appellent à son départ. Il a en outre affirmé que la tenue d'un « référendum populaire », annoncé à l'automne par les autorités, sur une nouvelle « Constitution », aurait lieu « la première semaine de mars 2012 ». M. Assad a également évoqué « l'idée d'un élargissement du gouvernement qui accueillera toutes les forces politiques ». Mais, a-t-il précisé, « nous ne voulons pas d'opposants qui reçoivent des (ordres) de l'étranger, qui nous font du chantage », a-t-il ajouté.

Depuis le début du soulèvement, le président Assad alterne promesses de réformes et répression. Son discours intervient en pleine controverse sur la mission des « observateurs de la « Ligue arabe », présents en Syrie depuis le 26 décembre 2011 pour rendre compte de la situation, mais vivement critiqués par l'« opposition » pour leur « inefficacité » à stopper les violences. Mardi 10 janvier 2012, au moins deux civils ont été tués par les « forces de sécurité » à Homs (centre) et à Deir Ezzor (est), a rapporté l'« Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) », et trois personnes blessées par des coups de feu tirés sur une manifestation à Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis a reproché au régime de ne pas faciliter la mission arabe. « Le travail des + observateurs + devient de plus en plus difficile (...) et nous ne voyons aucun engagement du côté syrien pour leur permettre » d'accomplir leur mission, a déclaré cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane. « Il y a eu des attaques contre les observateurs qui ne viennent clairement pas de l'opposition, ce qui est un mauvais signe » a-t-il ajouté. Le chef de la « Ligue arabe » Nabil el-Arabi a également « dénoncé les actions irresponsables et les actes de violence contre ses + observateurs + », ajoutant qu'il tenait « le gouvernement syrien pour pleinement responsable de la protection » de la mission. Deux officiers koweïtiens participant à la mission ont été légèrement blessés lundi 09 janvier 2011 alors qu'ils se rendaient à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne, selon le Koweït. La « Ligue arabe » s'est prononcée dimanche 08 janvier 2011 pour la poursuite et le renforcement de sa mission d'observateurs, malgré les critiques la visant.

Le plus important groupe d'opposition, le « Conseil national syrien (CNS) », avait affirmé lundi 09 janvier 2011 que « le rapport sur le travail des + observateurs + représentait un pas en arrière dans les efforts de la + Ligue + », et ne reflétait pas la réalité constatée par les observateurs sur le terrain ». Il avait appelé au transfert du dossier au « Conseil de sécurité » de l'« ONU » et à « la création » de « zones de sécurité et d'exclusion aérienne » afin de protéger les civils.

Mis à jour (Mardi, 10 Janvier 2012 20:55)

 

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